Poses

poses-miniEdifiée sans doute à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne, l’église Saint Quentin témoigne de la longue tradition batelière du village de Poses dont l’origine remonte au moins à l’an 700.

La construction de l’église s’étend sur différentes époques (12ème 15ème et 16ème siècles) mais son équilibre architectural est remarquable.

Au début du 11ème siècle, l’église fut donnée par Richard II, duc de Normandie, aux religieux de Fécamp.

Richard III Cœur de Lion en fit don, vers 1198 à l’abbaye Saint Ouen de Rouen.
Le mobilier de l’église est intéressant : bénitier décoré du 16ème siècle, confessionnal Renaissance de type Flamand.
La statuaire date en grande partie du 16 ème siècle.

poses-plan

Vue de l’extérieur.

Le chœur.
Bâti en pierre de taille au début du XVIème il est terminé par une abside à trois pans.
Il est éclairé par 7 grandes fenêtres gothiques, ornées de vitraux du XIXème.

La nef.
Du XIIème d’origine romane, en moellons de craie et silex.

Le clocher.
Fin XVème tour carrée avec flèche octogonale. Accolée à la tour, la tourelle d’escalier de même époque.

Le porche.
En pierres et briques du XIXème.

En entrant.

La nef.
Sa charpente date du XVIème. La voûte de bois évoque la carène renversée d’un bateau. Les poutres traversières se terminent par des « engoulants », des dragons, dont elles ferment la gueule.
On remarque les 2 autels latéraux surmontés de retables à baldaquin du XVIème.
A droite, 2 baies à meneaux d’époque Renaissance et 1 petite fenêtre d’époque romane.
La 1ère. baie est consacrée à la Ste. Famille : Jésus au travaille avec Joseph charpentier, et la mort de Joseph entre Marie et Jésus.
Les 3 vitraux de gauche sont du maître verroier Barillet (XXème.) :
N-D de Lourdes, St. Adjutor et Ste Thérèse.

Le transept.
De forme carrée il est surmonté de la tour du clocher de la fin du XVème.
A droite, la chapelle dite « des mariniers » date du milieu du XVIème.

Le chœur.
Il est doté de deux croisées d’ogives du XVIème.
Les 7 fenêtres à meneaux relatent la vie de St. Quentin. Le maître autel date de 1896.

La tradition marinière
A l’entrée du chœur, le Christ en croix du XVIIème est prolongé d’une ancre de marine.
L’église comporte une statue, un vitrail et un tableau de St. Nicolas patron des mariniers. L’évocation du nom de St. Nicolas « calme les flots impétueux et la furie des vagues ».
Suspendue dans la chapelle de droite, en ex-voto, la maquette du remorqueur « Valmy » faite et donnée par le capitaine marinier Albert Guérard en 1950.
A gauche au milieu de la nef, vitrail de St. Adjutor protecteur des mariniers de Vernon.
A l’extérieur de l’église, côté Sud, graffitis de bateaux anciens réalisés depuis 1594 jusqu’au XIXème.

La légende de Saint Quentin
En latin Quintinus ou Quintus. Il est mort martyr, en 303 ? On le fête le 3 octobre.
Bède le Vénérable le mentionne dan son « Histoire ecclésiastique » (en 731) Le martyre de St. Quentin a eu lieu à l’endroit de l’actuelle ville de St. Quentin (Aisne). Tels sont les seuls faits historiques fondés sur lesquels s’est greffée une légende riche en épisodes fabuleux.
Il serait un citoyen romain venu prêcher l’Évangile en Gaule avec St. Lucien de Beauvais.
Arrêté à Amiens par le préfet Rictovarus, il est soumis à une série de tortures épouvantables : des bourreaux lui enfoncent deux broches allant de ses épaules jusqu’aux cuisses, et des clous sous les ongles. Décapité, il est jeté dans les marais qui bordent la Somme. Cinquante ans plus tard, une dame romaine, Eusébie qui est aveugle, retrouve miraculeusement son corps, le fait enterrer sur la colline de la ville actuelle de St. Quentin et elle recouvre la vue.

L’autel latéral (à droite) « de St. Quentin »
Une statue en pierre polychrome du XVème siècle sur cet autel dit de St. Quentin, le représente avec au-dessus de lui les bourreaux romains enfonçant une broche dans chaque épaule.
Protections : St. Quentin guérirait de la coqueluche (Quintes de toux, en lien avec son nom latin : Quintus). A cause de son supplice, il serait aussi invoqué pour les rhumatismes !
Le double vitrail voisin montre St. Eloi construisant une chasse pour les reliques de St Quentin et agrandissant l’église qui lui est dédiée.

Les vitraux du chœur.
Réalisés vers 1900 par Duhamel-Marette, peintre verrier d’Evreux, ils retracent la vie de St. Quentin.
De gauche à droite :
1/ St. Quentin (jeune) prêche la parole de Dieu.
2/ St. Quentin (moins jeune) souffre son 1er martyre.
3/ St. Quentin (âgé) souffre son second martyre.
4/ Au ciel, St. Quentin est couronné par les anges.
5/ Eusébie, une romaine aveugle (elle a les yeux fermés), retrouve le corps, intact, de St. Quentin.
6/ Après avoir fait construire une chapelle pour héberger les reliques de St. Quentin, Eusébie recouvre la vue (elle a les yeux ouverts).
7/ St. Eloi retrouve les reliques oubliées (en 641 ?) et fait construire une basilique pour remplacer la chapelle dans l’actuelle ville de St. Quentin.